En octobre 2005, (dès mon premier cours en programmation neuro linguistique) j`entends parler pour la première fois de "modèle du monde". On y apprend à travers le premier "postulat" de la PNL que "La carte n`est pas le territoire".
Il y a une grande différence entre le monde et l`expérience que nous en avons. L`un et l`autre diffèrent selon nos propres limitations neurologiques, sociogénétiques et personnelles, puis selon les processus même de notre cerveau qui sélectionnent, généralisent et distortionnent la réalité.
On précise ensuite comment une personne construit son "modèle du monde"...
Nous entrons en contact avec le monde (territoire) à travers notre système de perception sensorielle c`est à dire par nos cinq sens : la vue, l`ouïe, le toucher, le goût et l`odorat. Ces cinq sens constituent notre lien avec l`extérieur. Avec eux, nous percevons la réalité. Nous appelons ce système de perception le VAKO(e).
On nomme par la suite les filtres de la perception :
- Les filtres de nos limitations neurologiques, sociogénétiques et personnelles
- Les filtres du cerveau qui sélectionnent, distortionnent et généralisent
- Les filtres de nos métaprogrammes
- Les filtres de nos croyances et valeurs
- Les filtres de nos expériences
- Les filtres de nos décisions
- Les filtres de nos souvenirs.
À la lueur de ces informations, on comprend à quel point notre perception de la réalité est altérée!
On nous présente le système de représentation, cet espèce de cinéma intérieur tout aussi personnel et "altéré".
Puis, nous nous représentons cette perception filtrée de la réalité à travers notre système de représentation, par des images, des sons, des sensations et émotions, des odeurs et des goûts : Le VAKO(i).Tout comme une carte, cette représentation n`est pas nécessairement "vraie" puisqu`elle a été filtrée par notre système de perception et réoganisée par notre système de représentation. Pourtant, cette carte constitue notre représentation de la réalité, notre modèle du monde.
Et plus loin...
L`objectif en PNL : réorganiser le modèle du monde.
(Source : Centre Québécois de PNL inc. 2004)
C`est une vieille habitude de la PNL, que de prendre des théories ou des concepts ou des notions scientifiques, et de les transformer immédiatement en immuables vérités, puis, encore sans l`ombre d`une hésitation, de créer des exercices pratico-pratiques afin de nous partager ce fameux "modèle de communication et de changement" qui fait sa renommée mondiale et qu`elle nous vend à un prix raisonnable (c`est à dire "raisonnable" dans le modèle du monde de Guy Laliberté...)
Ce premier postulat de la PNL, "la carte n`est pas le territoire", est loin d`être banal. Surtout que ce n`est pas faux. Je viens justement de lire dans un manuel de psychologie du travail à peu près le même discours que la PNL sur nos problèmes avec la réalité.
Au fond, notre connaissance est fausse.
Par ailleurs, l`individu qui percoit les stimuli de son environnement vit, quel que soit l`événement auquel il participe, une expérience unique et personnelle. Ses sens l`informent de ce qui se passe autour de lui; il voit des choses et des gens, il entend des bruits et des mots et il percoit d`autres stimuli grâce au toucher, au goût et à l`odorat. La perception est donc un processus subjectif plutôt qu`objectif, puisque chacun assimile de facon personnelle et selon un cadre de référence unique l`univers dans lequel il évolue.
Le comportement humain dépend de la facon dont chaque individu percoit la réalité, de la manière dont il organise l`information perceptive pour se créer une image du monde et, finalement, de son expérience des événements. On peut donc saisir toute l`ampleur des différences individuelles et des conséquences qui en découlent dans le contexte d`une organisation.
(Source : Samuel L. Dolan, Eric Gosselin et Jules Carrière (2007) Psychologie du travail et comportement organisationnel, Gaëtan Morin Éditeur, p. 35)
Toute entreprise de manipulation mentale qui se respecte doit faire passer l`adepte par trois stades : la séduction, la destruction de son "modèle du monde", l`établissement d`un nouveau "modèle du monde", celui là plus efficace, plus rassurant et souvent bien merveilleux (et beaucoup plus onéreux...).
La PNL nous réorganise le modèle du monde, par soumission "librement" consentie (voir Jean-Léon Beauvois), en utilisant des notions pseudo-scientifiques qui "isolent" la personne dans son coin. Son opinion devient inévitablement "son" opinion, qui est totalement issue de "son" modèle du monde, qui n`est au fond qu`une image sordide et grotesque de la réalité. Un modèle du monde altéré au max, filtré, pauvre et même faux.
Tandis que la psychologie tente d`expliquer le processus de perception avec les données actuelles de la science, la PNL tente, avec succès bien souvent et avec un vocabulaire bien semblable à celui de la science, de détruire notre pauvre modèle du monde. Au fond, c`est nous rendre service, car nous ne sommes pas en contact avec la réalité de toute manière. Pourquoi ne pas le remplacer par un modèle qui, lui, a fait ses preuves et qui, lui, est en contact avec la réalité, la vraie réalité ? Un modèle de communication et de changement...
Une image avec cela ? C`est la chenille qui devient papillon (pourvu que vous soyez capable d`acquitter les frais de formation). Tout cela est tout à fait merveilleux jusqu`à ce que la vraie, vraie réalité vous rattrappe et que le papillon frappe le pare-brise.
Vendredi 6 novembre 2009
Par: alyre | Permalien | |